Programmes de recherche

Journées Jean-Daniel Pollet, 2016


Axe 1 : Pratiques et théories de l’exposition
(PRATHEX)
Cet axe porte sur des questions liées à l’exposition, une pratique particulièrement développée à l’Esban depuis plusieurs années – commissariats, accompagnements d’exposition et expositions d’étudiants en des lieux dévolus ou non à l’art. Cependant, loin d’être cantonné aux questions de muséologie, aux « écritures » de l’exposition et à ses formats, cet axe entend aborder la notion d’exposition de manière oblique. Ainsi, ce sont des attitudes (mise en scène de l’artiste), et des paradigmes (temporalité de l’œuvre, pensée de l’archivage) qui ont été interrogés sous l’angle de leurs mises en vue durant les trois précédents programmes : Jeux d’exposition (2010), Publier/Exposer (2012), Temps exposés (2015). De 2015 à 2018, le programme sera consacré à une approche anthropologique de la monstration.

Axe 2 : La flamme et le papillon
Le second axe de recherche concerne les rapports entre Littérature et le Cinéma. Leur dialogue nourrit depuis toujours des pratiques hybrides et expérimentales d’artistes, d’écrivains et de cinéastes qui, seuls ou en collaboration, contribuent à inventer, décloisonner et renouveler les formes et les genres établis. Si l’histoire de leurs relations témoigne « d’une attirance incoercible, celle que la flamme exerce sur le papillon » (J.-L. Leutrat), elle est aussi jonchée de malentendus. L’analogie entre écriture littéraire et filmique relève en effet d’un héritage culturel qui nie, minimise ou néglige leurs spécificités, suscitant à plusieurs reprises des mouvements de révolte et d’opposition, au point qu’on peut affirmer que le cinéma est parvenu à « s’imposer comme un art à part entière contre la littérature » (J. Cléder).
Au lieu de se concentrer sur les éléments d’identité ou de convergence entre la Littérature et le Cinéma, cet axe de recherche envisage donc d’interroger les différentes manières de concevoir et créer suscitées par leur rencontre, sans nier l’écart qui les sépare. Il s’agira donc de questionner la porosité entre des formes procédant de moyens propres d’expression, d’analyser les enjeux de leur mise en tension, de poser l’opacité et le déplacement comme sources de recherche et d’expérimentation à la fois dans les champs théorique et artistique.

Axe 3 : Partage des mondes
Le principe de cet axe repose sur l’invitation faite à un(e) artiste, à qui il est demandé de « mettre en partage » le champ des références culturelles qui sont (ou ont été) déterminantes dans sa démarche. Ainsi, lectures (littéraires, philosophiques, scientifiques, etc.), voyages ou données biographiques seront étudiés, et leur incidence – explicite ou sous-jacente – sur les spécificités de l’œuvre sera soumise à l’examen.
La méthode est fondée sur un va-et-vient entre production et réception, entre vision rapprochée de la pensée plastique de l’artiste et mise à distance critique. Par l’analyse des divers modes d’élaboration – conceptuelle, métaphorique, discursive, analogique, associative, etc. –, cette recherche a l’ambition de mettre au jour les modalités selon lesquelles la singularité d’une démarche se constitue. Au-delà des cas particuliers, elle souhaite dégager ce qui serait spécifique de la formation et du développement de la pensée artistique, dans sa « manière de faire des mondes », dirait Nelson Goodman.