Expérimenter la résidence, Art et transition écologique à la Filature du Mazel en Cévennes

16.06.2616.06.26

Mardi 16 juin à 17h30
Cour de l’ésban

Rencontre en présence des artistes lauréat·es 2026, Noémie Cartailler-Combe et Django Béal-Lacueille, et d’Eliette Guine, directrice de la Filature du Mazel, structure d’accueil de la résidence. Les artistes reviendront sur leurs recherches et présenteront les pièces réalisées durant leur séjour lors d’un échange avec Eliette Guine et le public.

Le programme « Expérimenter la résidence » de l’ésban, est dédié à l’insertion professionnelle et artistique de jeunes diplômé·e·s. Il s’appuie sur la résidence Art et transition écologique conçue en partenariat avec la Filature du Mazel, pôle d’innovation territoriale et le pôle d’équilibre territorial et rural (PETR) Causses-Cévennes. Chaque année, deux artistes diplômé·e·s de l’ésban, titulaires du DNSEP et portant une démarche de recherche ou de création en lien avec les enjeux de la transition écologique, bénéficient d’un accompagnement. Le programme se déroule en deux temps : une phase de recherche et de production, suivie d’un temps de restitution et de valorisation des travaux réalisés.

La résidence 2025-2026
Comment occuper un territoire vulnérable sans le trahir ?
Comment incarner un lieu duquel on est étranger·ère ?

À la Filature du Mazel en Cévennes, la résidence qui s’intéresse à l’art et la transition écologique propose un espace de recherche où les pratiques artistiques s’élaborent à partir du territoire lui-même, de ses ressources, de ses particularités et de ses fragilités. C’est dans ce contexte que Django Beal-Lacueille et Noémie Cartailler-Combe, tous deux artistes diplômé·es de l’ésban en 2024 et 2025, ont développé une recherche qui interroge à la fois les usages de la matière et les formes de mémoire inscrites dans les paysages.

Django Beal-Lacueille y a déployé une extension de son projet MnemeSys. Depuis un an, il enregistre en continu son environnement sonore grâce à un micro porté en permanence. Dans le cadre de la résidence, il a imaginé une capsule contenant ces archives vocales, qu’il recouvre de pierres avant de la dissimuler dans un lieu des Cévennes choisi pour sa relative stabilité écologique. Pensée comme un geste à très long terme, cette capsule pourrait être découverte et écoutée dans plusieurs siècles, voire millénaires, ouvrant une réflexion sur la mémoire et la transmission.

De son côté, Noémie Cartailler-Combe a développé un travail de figures hybrides, à la frontière entre le fétiche et le golem. S’appuyant sur la toponymie cévenole, les glissements d’étymologie et parfois les erreurs de traduction, elle a fait émerger des formes humanisées ancrées dans le territoire. Ses sculptures naissent exclusivement de matériaux collectés sur place — terre, eau de rivière, branches, écorces, épines, baies transformées en teinture, laine, plumes ou pierres. Cette économie de moyens n’est pas seulement écologique : elle traduit une position éthique, où l’artiste cherche à composer avec la matière sans la contraindre, en évitant toute logique d’assujettissement.

Entre ancrage local et projection temporelle, leurs démarches dessinent deux manières d’habiter la transition écologique et la vulnérabilité de ce territoire : l’une tournée vers la persistance des traces dans le temps long, l’autre attentive à une cohabitation sensible et immédiate avec les matériaux présents.

Noémie Cartailler-Combe et Django Béal-Lacueille

Une co-production école supérieure des beaux-arts de Nîmes – Filature du Mazel – PETR Causses-Cévennes.

Ce projet a bénéficié d’une aide de l’État via l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030/ référence ANR-23-EXES-0005 dans le cadre du programme GARDENER mené par Unîmes, le CHU et l’Ésban.

Les partenaires
La Filature du Mazel est un tiers lieu situé en Cévennes. Labellisée Pôle d’Innovation territoriale par le Ministère de la culture en 2022, elle développe des actions artistiques et culturelles visant à nourrir et ancrer la politique de transition de son territoire. Appuyée par de solides partenariats (parc national des Cévennes, office national des forêts, laboratoires1 et associations, etc.), elle cherche à construire et valoriser la place des artistes dans le renouveau sociétal qu’appelle le monde soumis au changement climatique. 
→ Le Pôle d’Equilibre Territorial et Rural (PETR) Causses et Cévennes est un syndicat mixte créé en 2017 regroupant 36 communes de l’ouest du département du Gard : le Pays Viganais et Causses Aigoual Cévennes. D’un point de vue du climat, ceux-ci ont été identifiés comme un des territoires français les plus exposés aux effets du changement du fait de leurs situations très particulières entre zones de montagne et littoral méditerranéen. La transition du territoire vers un nouveau modèle nécessite donc de faire évoluer les représentations actuelles par la définition d’un nouvel imaginaire collectif et la co-construction de nouveaux récits locaux.

En Pratique | Restitution des Ateliers de Pratiques Artistiques enfants, adolescents et adultes